22 août 2026
Prud’hommes : une autre porte
Même île judiciaire, autre tempo. La conciliation n’est pas une formalité molle.
Le conseil de prud’hommes de Metz siège dans le périmètre de Haute-Pierre, pas dans la chambre civile. Les justiciables se trompent de file. Marc Watrin commence souvent par montrer la porte. Cela évite quinze minutes de panique dans un hall qui sent la pierre humide. Une audience manquée pour un mauvais bâtiment est une humiliation inutile, et parfois un renvoi de plusieurs mois.
L’audience de conciliation a un objet : voir si un chiffre et un calendrier ferment le dossier. Ce n’est ni une thérapie ni un piège. L’employeur vient avec un dossier plus ou moins complet. Le salarié aussi. Nous tenons une chemise courte : contrat, bulletins, lettre de licenciement, échanges utiles. Le reste attend le bureau de jugement. Apporter trois classeurs à la conciliation n’impressionne personne ; cela ralentit tout le monde.
En août, certaines conciliations glissent. Les conseillers partent, les dossiers restent. Le 22 août, la salle était moins pleine qu’en octobre, plus tendue qu’en juillet. Un licenciement de juin n’aime pas attendre novembre sans explication. On demande des dates, on les écrit dans la convention d’honoraires. Le salarié doit savoir si l’été a coûté un trimestre. L’employeur doit savoir si une proposition tient encore.
Le forfait première instance du cabinet — 1 920 € TTC, hors audience extraordinaire — couvre ce chemin habituel. Si une expertise s’ouvre, si une audience se dédouble, si un incident procedural s’invite, on le dit et l’on sort du forfait vers l’heure à 264 € TTC. L’aide juridictionnelle est possible : le bureau d’AJ du tribunal judiciaire de Metz connaît ces dossiers et leurs pièces.
Après le jugement, l’exécution n’est pas automatique. Signification, délais, parfois appel. La cour d’appel est dans le même palais de Jaumont : on ne part pas dans une autre ville pour la suite, on change de formation. C’est une chance du ressort. Encore faut-il la jouer à l’heure, avec un acte signifié qui tient, pas avec un courriel d’humeur.
Si vous êtes convoqué, arrivez trente minutes avant, pièce d’identité prête. Le parking de Haute-Pierre se remplit. Venir du 14 rue du Pontiffroy à pied reste le plus simple. Téléphone : 03 87 36 21 54. Objet, date, numéro de RG : trois lignes suffisent pour que l’on prépare la porte et la chemise. Marc Watrin n’aime pas découvrir le bulletin de salaire sur le banc.
Une dernière chose, souvent tue : la conciliation peut aboutir, et c’est une victoire si le chiffre est tenable. Ce n’est pas une trahison de « l’honneur ». C’est un salaire qui arrive, un chômage qui se calcule, une page qui se tourne. Nous le disons clairement, sans théâtre. Si l’accord est mauvais, on refuse et l’on prépare le jugement. Si l’accord est bon, on le signe et l’on rentre sur l’île avant midi.
On ne plaide pas la conciliation comme un jugement. On y parle salaire, dates, pièces.